EyeClub Axel Barrault


#1

Bonjour à tous,

Le prochain EyeClub (groupe de travail autour des mouvements oculaires) est susceptible de vous intéresser (description ci-dessous). Il aura lieu au LPL en salle B011 le mardi 10 avril à 14h.

La stat “cluster-based permutation” sera abordée (see Axel’s post Analyses données eye-tracking recueillies avec le “Visual World Paradigm”)

Axel Barrault (doctorant ILCB au LPL avec Mariapaola d’Imperio) nous présentera ses travaux de master.

Adaptation des enfants (4-5 ans) aux violations syntaxiques d’un locuteur non fiable lors du traitement « online » (abstract ci-dessous).

À bientôt,

Christelle Zielinski et Anne-Sophie Dubarry

Abstract:
Le constat de l’omniprésence de la variabilité dans le langage parlé a amené la recherche sur l’acquisition du langage à s’intéresser à la manière dont les enfants, en cours de développement de la compétence langagière, s’accommodent de ces variations dans leur traitement du langage oral. L’enjeu à terme, est de comprendre si la capacité de s’adapter à la variété d’environnements, de locuteurs et de situations d’énonciation fait partie intégrante du mécanisme général de l’acquisition du langage. L’hypothèse alternative est que cette capacité d’adaptation repose sur un certain niveau de connaissances préalables. Les connaissances préalables sont en effet nécessaires à l’élaboration des statistiques qui président à l’accélération du traitement du flux de la parole suscité par des attentes probabilistes. La littérature fait état d’une certaine flexibilité au niveau du traitement phonologique et de l’accès lexical chez les jeunes enfants. Notre étude, qui se base sur une étude de Van Heugten et al. (en préparation), a enquêté sur la présence d’une telle capacité au niveau du traitement syntaxique en temps réel. Au moyen d’un eye-tracker, nous avons comparé les réactions d’enfants écoutant les productions d’une locutrice fiable dans son utilisation de la concordance entre mots de fonction (déterminant et pronom) et mots de contenu (nom et verbes), à celle d’enfants confrontés à une locutrice produisant des erreurs inédites (e.g. « *Elle girafe » ou encore « *Une mange ») s’avérant donc être non fiable dans son utilisation de la langue. Les analyses des données eye-tracker par cluster-based permutation suggèrent que les enfants de la condition où la locutrice est fiable anticipent le mot de contenu qui suit le mot de fonction quand cela est possible, alors que les enfants de la condition où la locutrice n’est pas fiable suspendent ce mécanisme d’anticipation, montrant qu’ils prennent en compte l’expérience récente avec la locutrice et intègrent donc un facteur extralinguistique ayant trait aux compétences de la locutrice. En tenant compte de facteurs extralinguistiques tels que la compétence du locuteur, les enfants témoignent de leur capacité d’adaptation. L’étude conforte les résultats déjà récoltés par Van Heugten et al. dans leur étude sur le genre en attestant de la présence dès 4 ans de la capacité de s’adapter à l’écart entre attentes probabilistes et utilisation réelle de la langue. Les limitations de notre étude et les perspectives de futures recherches sont discutées.